Empreinte carbone: mesurer et réduire notre impact sur l’environnement

Tous les actifs d’une entreprise ne figurent pas nécessairement au bilan. Certains se cachent à l’abri des regards : l’énergie qui alimente une usine, le carburant qui permet le transport de marchandises d’un continent à l’autre, les matériaux qui circulent dans les chaînes d’approvisionnement et les innombrables décisions prises chaque jour au sein d’une organisation.

Mis bout à bout, ils finissent par laisser une trace. C’est ce qu’on appelle l’empreinte carbone [] – une mesure des émissions de gaz à effet de serre [] liées à une activité, un produit ou un service. Autrefois considérée comme un simple indicateur environnemental, elle est aujourd’hui devenue un précieux outil de gestion qui aide les organisations à comprendre leur impact, à identifier leurs inefficacités et à mettre en lumière des possibilités d’amélioration.

Alors que la pression s’intensifie pour réduire les émissions et accélérer la transition vers les énergies renouvelables, une bonne compréhension de l’empreinte carbone ne se limite plus à un simple exercice de durabilité. Elle devient un élément essentiel de la gestion des risques des organisations, du renforcement de leur résilience et de leur préparation à un contexte économique en pleine mutation.

Le problème, c’est que les émissions ne sont pas toujours visibles. Elles peuvent faire partie de l’électricité achetée, se cacher au cœur des chaînes d’approvisionnement ou se répartir sur l’ensemble du cycle de vie d'un produit. Il n’est pas toujours simple de les mesurer, mais c’est souvent la première étape vers une action concrète. 

Le carbone dans son contexte

  • 37 % des émissions mondiales : le secteur du bâtiment et de la construction représente près d’un tiers des émissions mondiales de CO₂ liées à l’énergie. (PNUE)
  • 11,4 fois plus élevées : les émissions liées à la chaîne d’approvisionnement dépassent souvent celles générées par les activités propres à l’entreprise. (CDP)
  • > 30 % : les améliorations en matière d’efficacité énergétique pourraient permettre de réaliser plus d’un tiers des réductions d’émissions nécessaires à l’échelle mondiale d’ici 2030. (AIE)
  • ~ 50 % : les puits de carbone naturels absorbent environ la moitié du CO₂ rejeté dans l’atmosphère. (Bilan carbone mondial)

Qu’est-ce qu’une empreinte carbone ?

L’empreinte carbone correspond à la quantité totale de gaz à effet de serre [] rejetés dans l’atmosphère du fait des activités humaines. Ces émissions sont principalement constituées de dioxyde de carbone (CO₂), mais aussi de méthane (CH₄), d’oxyde nitreux (N₂O) et d’autres gaz qui contribuent aux changements climatiques. Pour faciliter la comparaison entre ces différents gaz à effet de serre, l’empreinte carbone s’exprime généralement en équivalents dioxyde de carbone (CO₂e) [], en fonction du potentiel de réchauffement global [] de chaque gaz.

Ce concept peut s’appliquer à différents niveaux :

  • Chaque individu a une empreinte carbone, qui dépend de ses choix quotidiens : modes de transport, consommation d’énergie à domicile, alimentation et habitudes de consommation.
  • Les produits ont une empreinte carbone tout au long de leur cycle de vie, depuis l’extraction des matières premières à la fabrication, en passant par le transport, l’utilisation, l’élimination et le recyclage.
  • Les organisations génèrent des émissions de carbone dans le cadre de leurs activités, de leurs chaînes d’approvisionnement, de leurs bâtiments, de leurs services et de leurs produits.

Même certains événements et certaines activités, comme une conférence, un concert ou un vol en avion, peuvent faire l’objet d'une évaluation de leur empreinte carbone. 

Cette vidéo a été créée avec l’intelligence artificielle.

L’empreinte carbone dans le monde de l’entreprise

Dans le monde de l’entreprise, il n’existe pas deux empreintes carbone identiques. Les émissions de gaz à effet de serre d’une organisation dépendent de ses activités, de ses chaînes d’approvisionnement, de ses sources d’énergie et de son modèle opérationnel. L’identification de l’origine de ces émissions aide les organisations à déterminer leurs impacts environnementaux les plus importants et à concentrer leurs efforts là où la réduction des émissions [] peut apporter le plus de valeur ajoutée.

Les exemples d’empreinte carbone varient considérablement d’un secteur à l’autre. Par exemple :

  • L’empreinte d’une entreprise technologique peut être dominée par la consommation d’énergie des centres de données, les services cloud et les déplacements de ses employés.
  • Une entreprise manufacturière peut être à l’origine d’émissions importantes dues à ses processus de production et au transport des matières premières.
  • Une chaîne de magasins peut constater que son impact carbone le plus important provient de sa chaîne d’approvisionnement, de la logistique, de l’emballage et du transport des clients vers ses magasins.

En pratique, l’empreinte carbone d’une entreprise est généralement le produit d'émissions directes (périmètre 1) [], indirectes (périmètre 2) [] et de la chaîne de valeur (périmètre 3) []. Alors que les deux premiers couvrent la consommation de carburant sur site et l’énergie achetée, le périmètre 3, qui englobe les fournisseurs, les produits et les clients, offre souvent la plus grande possibilité de réduire l’impact carbone global. 

Le lien avec le climat

L’empreinte carbone n’est pas qu’une simple mesure des émissions : elle permet d’évaluer l’ampleur de la contribution des activités humaines aux changements climatiques. Chaque fois que l’on consomme de l'énergie, que l’on transporte des marchandises ou que l’on fabrique des produits, on rejette des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Au fil du temps, ces émissions s’accumulent, retiennent la chaleur et renforcent l’effet de serre naturel de la Terre.

Il en résulte des changements climatiques aux conséquences considérables. La multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes, l’élévation du niveau de la mer et la perturbation des écosystèmes posent déjà des défis aux entreprises, aux collectivités et aux pouvoirs publics du monde entier.

Une meilleure compréhension de l’empreinte carbone permet de mettre en évidence ce lien. Elle aide les organisations à déterminer l’origine de leurs émissions, à identifier les possibilités de réduction de ces émissions et à faire des choix qui favorisent un avenir plus résilient et à plus faible empreinte carbone.

L’intérêt de la réduction de l’empreinte carbone

Les entreprises doivent composer avec leurs responsabilités environnementales, et l’évaluation et la réduction de leur empreinte carbone sont devenues un aspect essentiel des efforts durabilité des entreprises. Et si la réduction des émissions contribue à lutter contre les changements climatiques, elle apporte aussi un avantage tout aussi précieux pour les entreprises : une efficacité accrue et une baisse des coûts.

Aujourd’hui, la réduction des émissions de carbone n’est plus seulement perçue comme une obligation environnementale. Pour de nombreuses organisations, elle s’inscrit dans une démarche plus large visant à renforcer la résilience, gérer les risques et soutenir la croissance à long terme. Les climatologues insistent depuis longtemps sur le lien entre activité économique et changement climatique, en soulignant le rôle important que peuvent jouer les entreprises dans la lutte contre ce phénomène.

En effet, en s’attaquant à leur impact carbone, les entreprises peuvent créer de la valeur dans plusieurs domaines clés :

Efficacité opérationnelle et économies générées
Pour la plupart des organisations, la consommation d’énergie est au cœur de leur empreinte carbone. L’électricité, le chauffage et les carburants comptent parmi les principales sources d’émissions de gaz à effet de serre, mais ce sont aussi les domaines dans lesquels les entreprises ont le plus de leviers d’action. Renforcer l’efficacité énergétique et opter pour des énergies plus propres permet de réduire les coûts, de limiter les émissions et de se conformer à des exigences réglementaires et de reporting de plus en plus strictes.

Les entreprises peuvent :

  • Réaliser des bénéfices économiques grâce aux économies réalisées par l’application de stratégies d’efficacité énergétique et de réduction des émissions
  • Réduire les pressions réglementaires et les coûts de mise en conformité en adoptant de manière proactive des pratiques plus écologiques
  • Renforcer la résilience de la chaîne d’approvisionnement en atténuant les perturbations causées par les phénomènes météorologiques extrêmes

Opportunités commerciales et réputation
Au-delà des avantages opérationnels, la réduction de l’empreinte carbone influe de plus en plus sur la perception qu’ont les clients, les investisseurs et les partenaires de l’entreprise. Les organisations engagées dans l’action climatique se démarquent souvent de la concurrence sur des marchés où les attentes en matière de durabilité sont de plus en plus importantes.

Les entreprises peuvent :

  • Tirer parti de l’évolution des préférences des consommateurs grâce à des produits durables qui attirent les clients soucieux de l’environnement
  • Renforcer la réputation de la marque en se positionnant comme une entreprise citoyenne responsable qui s’engage à réduire son impact carbone
  • Renforcer la confiance des investisseurs et améliorer l’accès aux capitaux grâce à un reporting ESG transparent

Retombées environnementales et sociétales étendues
Les efforts mis en œuvre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre peuvent également avoir des retombées positives au-delà de l’entreprise elle-même. En effet, les entreprises qui investissent dans la réduction de leurs émissions de carbone contribuent à la transition vers des systèmes énergétiques plus propres, tout en participant à la bonne santé environnementale et des communautés.

Les entreprises peuvent :

  • Avoir un impact positif sur les changements climatiques en réduisant les émissions de gaz à effet de serre
  • Améliorer la qualité de vie et la santé publique grâce à un air plus pur et une diminution des niveaux de pollution

À mesure que les arguments économiques en faveur d’une réduction des émissions de carbone se précisent, de plus en plus d’entreprises se penchent sur leur empreinte carbone. L’étape suivante consiste à comprendre d’où proviennent ces émissions – et comment les mesurer. C’est là que le véritable parcours commence.

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Comment mesurer votre empreinte carbone

Il n'existe pas de méthode unique pour calculer l’empreinte carbone. L’approche la plus appropriée dépend de ce que l’on souhaite mesurer, des données disponibles et du niveau de détail requis. Au fil du temps, cependant, plusieurs méthodes largement reconnues ont vu le jour pour aider les organisations à évaluer leurs émissions de gaz à effet de serre et à mieux comprendre leur empreinte carbone.

  • Analyse du cycle de vie []: Cette approche évalue l’impact environnemental d’un produit ou service tout au long de son cycle de vie, depuis l’extraction des matières premières et la fabrication jusqu’à l’utilisation, l’élimination et le recyclage. Elle offre une vue d’ensemble complète des émissions, mais peut nécessiter des données et des ressources considérables.
  • Protocole des gaz à effet de serre: Très éprouvé, ce cadre de mesure des gaz à effet de serre (Protocole GES) répartit les émissions en trois catégories, ou « périmètres » :
    • Périmètre 1: Émissions directes provenant de sources détenues ou contrôlées par l’organisation, comme les véhicules de fonction ou la consommation de combustibles sur site.
    • Périmètre 2: Émissions indirectes liées à l’énergie achetée, notamment l’électricité, le chauffage et la climatisation.
    • Périmètre 3: Toutes les autres émissions indirectes le long de la chaîne de valeur, notamment celles liées aux fournisseurs, au transport, aux déplacements professionnels, à l’utilisation des produits et au traitement en fin de vie.
  • Analyse entrée-sortie: Cette méthode estime les émissions sur la base des transactions financières et des données moyennes du secteur. Elle peut s’avérer utile lorsque l’on ne dispose pas de données détaillées sur les émissions de gaz à effet de serre [].
  • Calculateurs d'émissions: Ces outils utilisent des facteurs d’émission [] normalisés pour estimer les émissions de gaz à effet de serre générées par des activités spécifiques. Bien qu’ils soient généralement moins détaillés qu’une analyse complète de l’empreinte carbone, ils peuvent constituer un point de départ utile. 

7 étapes simples pour évaluer son empreinte carbone

La mesure de son empreinte carbone peut sembler complexe, mais le processus est souvent plus simple que ne le pensent de nombreuses organisations. Sa réussite dépend moins de calculs complexes que de la définition de limites claires, de la collecte de données fiables et de l’application d’une méthodologie structurée.

Ce processus se décompose en une série d’étapes concrètes :

  1. Définir le domaine d’application: Commencez par déterminer ce que vous souhaitez mesurer. Il peut s’agir d’un produit, d’une installation, d’une activité spécifique ou de l’ensemble de l’organisation. La définition de limites claires et d’une période de référence permet de garantir la pertinence des résultats et leur comparabilité dans le temps.
  2. Collecter les données: Recueillez des données qui reflètent vos activités et votre utilisation des ressources. Pensez notamment à vos factures de services publics, relevés de consommation de carburant, registres de déplacement, informations d’achats et données sur vos fournisseurs. La qualité de votre évaluation dépendra en grande partie de la qualité des informations recueillies.
  3. Calculer les émissions: Utilisez une méthodologie reconnue pour convertir vos données d’activité en émissions de gaz à effet de serre, exprimées en équivalents dioxyde de carbone (CO₂e). Les outils de comptabilisation de l’empreinte carbone et les calculateurs d’émissions peuvent contribuer à rationaliser ce processus et à améliorer la cohérence.
  4. Tenir compte des suppressions: Dans certains cas, les organisations peuvent également prendre en compte les puits de carbone [] et la suppression des gaz à effet de serre []. Les forêts, les sols et d’autres écosystèmes naturels peuvent absorber le carbone présent dans l’atmosphère, ce qui permet d’avoir une vision plus complète de l’impact global sur le climat.
  5. Identifier les sources principales: Une fois les émissions quantifiées, concentrez-vous sur les activités qui représentent la plus grande part de votre empreinte carbone. Pour de nombreuses organisations, il s’agit notamment de la consommation d’énergie, des transports et des chaînes d’approvisionnement, ce qui en fait des priorités évidentes dans le cadre des efforts de réduction des émissions. 
  6. Élaborer un plan de réduction: Utilisez vos conclusions pour définir vos priorités et fixer des objectifs réalistes. De telles mesures peuvent notamment consister à améliorer l’efficacité énergétique, à recourir aux énergies renouvelables, à réduire les déchets, à optimiser les transports ou à collaborer avec les fournisseurs afin de réduire les émissions tout au long de la chaîne de valeur.
  7. Surveiller la progression: C’est lorsqu’elle s’inscrit dans un processus d’amélioration continue que l’empreinte carbone prend toute sa valeur. Des bilans réguliers permettent de suivre les progrès réalisés, d’évaluer l’efficacité des mesures prises et d’identifier de nouvelles possibilités d’amélioration. De nombreuses organisations choisissent également de rendre leurs résultats publics ou de faire appel à un organisme de vérification indépendant afin de renforcer leur crédibilité et leur transparence.

Comment réduire votre empreinte carbone ?

Une fois que vous connaissez votre empreinte carbone, la prochaine étape consiste à passer à l’action. Il existe toute une série de stratégies concrètes qui peuvent aider les organisations à réduire leurs émissions et à minimiser leur empreinte carbone.

  • Améliorer l’efficacité énergétique: Pour de nombreuses entreprises, c’est dans la réduction de la consommation d’énergie que résident les meilleures opportunités. Grâce à des équipements plus performants, des processus optimisés et une meilleure efficacité énergétique des bâtiments, vous pouvez réduire à la fois les émissions de gaz à effet de serre et les coûts d’exploitation.
  • Accélérer la transition vers des sources d’énergie renouvelable: Le remplacement des énergies issues des combustibles fossiles par des sources d’énergie propres, comme l’énergie solaire, l’énergie éolienne ou l’électricité verte certifiée, peut réduire considérablement les émissions de carbone tout en renforçant la résilience à long terme.
  • Repenser les transports: Que ce soit par l’électrification des flottes, une logistique plus efficace ou la réduction des déplacements professionnels, les transports restent un domaine important pour la réduction des émissions dans de nombreux secteurs.
  • Collaborer avec les fournisseurs: Une part importante de l’empreinte carbone d’une entreprise échappe souvent à son contrôle direct. Une solide collaboration avec les fournisseurs et partenaires peut contribuer à réduire les émissions tout au long de la chaîne de valeur et à améliorer les performances globales en matière de développement durable.
  • Réduire les déchets et la consommation de ressources: Il est important de concevoir des produits durables, de prolonger le cycle de vie des actifs et d’optimiser l’utilisation des matériaux afin de réduire à la fois l’impact environnemental et les coûts d’exploitation.
  • Intégrer la durabilité dans la prise de décision: Les achats, la conception des produits, les décisions d’investissement et la planification opérationnelle sont autant d’aspects qui peuvent avoir une incidence sur l’empreinte carbone à long terme. L’intégration des enjeux de développement durable dans ces processus permet d’inscrire la réduction des émissions dans les pratiques quotidiennes de l’entreprise plutôt que d’en faire une initiative isolée. 

Toutefois, certaines émissions peuvent rester difficiles à éliminer. Dans ces cas-là, les organisations peuvent recourir à la compensation carbone [] dans le cadre d’une stratégie climatique plus large. Si cette compensation peut jouer un rôle, elle est généralement plus efficace lorsqu’elle s’accompagne d’efforts soutenus visant à réduire les émissions à la source.

Quand les calculs des émissions de carbone se compliquent

Les empreintes carbone se présentent souvent sous forme de chiffres précis. Mais en réalité, la mesure des émissions de gaz à effet de serre est rarement une science exacte. Les organisations doivent déterminer ce qu’il convient de mesurer, où fixer les limites, et comment tenir compte des activités qui peuvent s’étendre sur plusieurs sites, fournisseurs ou étapes du cycle de vie d’un produit.

Le défi est d’autant plus grand lorsque les émissions échappent au contrôle direct d’une organisation. Par exemple, les émissions relevant du périmètre 3 peuvent s’étendre sur des chaînes de valeur complexes et reposent souvent sur des données fournies par les fournisseurs, les clients et d’autres partenaires externes. De nombreux calculs reposent également sur des facteurs d’émission, qui permettent d’estimer les émissions liées à des activités comme la consommation d’électricité, les transports ou l’industrie manufacturière.

Mais cela ne veut pas dire que les évaluations de l’empreinte carbone ne sont pas fiables. Cela souligne plutôt l’importance d’utiliser des méthodologies cohérentes, des hypothèses transparentes et des données fiables. L’objectif n’est pas d’atteindre une précision parfaite, mais de dresser un tableau fiable des sources d’émissions et des moyens de les réduire.

Les normes à l’appui de la technologie

C’est là que les Normes internationales jouent un rôle essentiel. Plutôt que de laisser les organisations élaborer leurs propres méthodes, les normes offrent un cadre commun pour la mesure, la déclaration et la gestion des émissions de gaz à effet de serre. Elles contribuent à rendre les évaluations de l’empreinte carbone plus transparentes, crédibles et comparables, ce qui permet aux organisations de suivre leurs progrès avec davantage de confiance et de communiquer leurs résultats plus efficacement.

La série de normes ISO 14064 fournit des lignes directrices pour la comptabilisation et la vérification des gaz à effet de serre, tandis que les normes ISO 14040 et ISO 14044 s’appliquent à l’analyse du cycle de vie. Dans le domaine des transports et de la logistique, la norme ISO 14083 aide les organisations à quantifier les émissions générées tout au long de chaînes d’approvisionnement de plus en plus complexes.

Or la mesure n’est plus le seul paramètre pris en compte. Pour refléter cette évolution, la nouvelle norme ISO 50100 propose une approche plus structurée de la décarbonation, ce qui aide les organisations à réduire leurs émissions grâce à une meilleure gestion de l’énergie et à une planification à long terme.

Ensemble, ces normes contribuent à faire de la gestion du carbone non plus un simple exercice de reporting, mais un cadre d’action concret.

  • ISO 14040:2006Management environnemental — Analyse du cycle de vie — Principes et cadre
  • ISO 14083:2023Gaz à effet de serre — Quantification et déclaration des émissions de gaz à effet de serre résultant …

Nouvelles tendances en matière de gestion du carbone

La gestion du carbone, qui était auparavant l’apanage des spécialistes en développement durable, est devenue un élément central du processus décisionnel des entreprises. À mesure que s’intensifient les objectifs climatiques et les exigences en matière de reporting, les organisations recherchent de meilleurs moyens de mesurer leurs émissions, de les réduire et de démontrer leurs progrès en toute confiance.

Plusieurs tendances marquent cette évolution :

  • Des outils de comptabilité carbone plus avancés: Les plateformes numériques facilitent la collecte de données, le calcul des émissions et le suivi des progrès au fil du temps. À mesure que ces outils gagnent en sophistication, ils permettent aux organisations d’identifier les points sensibles, de comparer différents scénarios et de prendre des décisions plus éclairées.
  • Une meilleure intégration entre les différentes fonctions de l’entreprise: La question de l’empreinte carbone ne relève plus uniquement des équipes chargées du développement durable. Les achats, la logistique, les finances, la gestion des installations et la conception des produits ont tous un rôle à jouer pour mieux comprendre et réduire les émissions.
  • Une attention croissante portée aux émissions de périmètre 3: Alors que les entreprises recherchent une vision plus globale de leur empreinte carbone, elles portent davantage leur attention sur les émissions tout au long de la chaîne de valeur. Dans leurs stratégies de gestion du carbone, elles accordent désormais une place centrale à l’implication des fournisseurs, aux données relatives au cycle de vie des produits et aux émissions liées au transport.
  • Le développement de techniques d’élimination du carbone et de solutions basées sur la nature: On constate un intérêt croissant pour la restauration des forêts, la conservation des zones humides et les technologies émergentes, comme la capture directe du CO₂ dans l’air. Si ces approches ne sauraient se substituer à la réduction des émissions, elles peuvent toutefois jouer un rôle complémentaire dans le cadre de stratégies climatiques plus larges.
  • Des approches circulaires concernant les produits et matériaux: La conception de produits en vue de leur réutilisation, de leur réparation et de leur recyclage peut contribuer à réduire les déchets, à diminuer la demande en ressources vierges et à réduire les émissions de carbone tout au long du cycle de vie du produit.

La tarification du carbone devient également un facteur important à prendre en compte. Pendant des décennies, les émissions de gaz à effet de serre ont été largement considérées comme une externalité environnementale. Toutefois, on leur attribue désormais de plus en plus souvent une valeur économique concrète. À mesure que cette tendance s’accélère, la compréhension de l’empreinte carbone deviendra non seulement un impératif en matière de développement durable, mais aussi une nécessité pour les entreprises.

Réduire notre impact carbone

L’empreinte carbone est souvent présentée comme un indicateur environnemental. En réalité, il s’agit d’un concept bien plus concret, et d’une véritable source d’inspiration.

Chaque tonne de gaz à effet de serre en dit long sur la production de l’énergie, l’obtention des matières premières, la conception des produits et le fonctionnement des entreprises. Une bonne compréhension de ce contexte aide les organisations à mettre en lumière des liens qui, autrement, passeraient inaperçus : des inefficacités qui font grimper les coûts, des dépendances qui engendrent des risques, ou encore des opportunités propices à l’innovation et à la croissance.

À mesure que s’accélère la transition vers les énergies renouvelables et que les attentes en matière de transparence ne cessent de croître, l’évaluation de l’empreinte carbone devient une compétence de plus en plus précieuse pour les entreprises. Les organisations dotées d’une bonne connaissance de leurs émissions de carbone sont mieux à même de prendre des décisions éclairées, de renforcer leur résilience et d’identifier les domaines dans lesquels une réduction significative des émissions peut avoir le plus grand impact.

L’avenir n’appartiendra pas seulement à ceux qui émettent moins, mais aussi à ceux qui comprennent mieux leurs activités, leurs chaînes de valeur et les conséquences des choix qu’ils font chaque jour.


Glossaire

  • Analyse du cycle de vie
    ACV

    Compilation et évaluation des intrants, des extrants et des impacts environnementaux potentiels d'un système de produits au cours de son cycle de vie
    Note: La notion d’« impact environnemental » est définie dans l’ISO 14001:2026, 3.2.4.
    [Source: ISO 14067:2018, 3.1.4.3]
  • Compensation carbone
    Mécanisme de compensation de la totalité ou d’une partie de l’empreinte carbone totale ou partielle d’un produit par la prévention des émissions, la réduction ou la captation d’une quantité des émissions de GES d’un processus en dehors du système de produit objet de l’étude
    Exemple: Investissement en dehors du système de produits concerné, par exemple dans les technologies des énergies renouvelables, les mesures d’efficacité énergétique ou l’afforestation/la reforestation.
    [Définition adaptée d’ISO 14067:2018, 3.1.1.7]
  • Données d’activité des gaz à effet de serre
    Données d’activité des GES

    Mesure quantitative de l’activité occasionnant l’émission de GES ou la suppression de GES

    Exemple: Quantité d’énergie, de combustibles ou d’électricité consommés, de matériaux produits, de service fourni, ou superficie de terre affectée.
    [Source: ISO 14064-1:2018, 3.2.1]
  • Émission de gaz à effet de serre
    Émission de GES

    Libération d’un GES dans l’atmosphère

    [Source: ISO 14064-1:2018, 3.1.5]
  • Émissions de périmètre 1
    Émissions directes de GES

    Émissions de gaz à effet de serre provenant de sources détenues ou directement contrôlées par l’organisation

    Exemple:
    - Émissions liées aux processus, comme le CO2 résultant de la décomposition du carbonate de calcium (CaCO3) lors de la fabrication du ciment
    - Émissions provenant de la combustion stationnaire
    - Émissions provenant de la combustion mobile
    - Émissions fugitives (comme les émissions de méthane provenant des mines de charbon et les fuites de fluides frigorigènes)
    Notes:
    - Les émissions de périmètre 1 n’incluent pas celles provenant d’écosystèmes naturels détenus ou contrôlés par l’organisation, qui ne font pas l’objet d’une gestion, restent à leur état naturel et n’ont pas été modifiés.
    - Une source désigne une activité ou un processus d’origine humaine qui rejette des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
    [Définition adaptée d’ISO 50100:2026, 3.5.4]
  • Émissions de périmètre 2
    Émissions indirectes de GES liées à l’énergie achetée

    Émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à la production d’électricité, de chaleur, de froid ou de vapeur achetés et consommés par l’organisation

    Notes:
    - L’électricité achetée est acheminée jusqu’au périmètre de l’organisation.
    - Les émissions de périmètre 2 peuvent inclure d’autres sources d’énergie achetées et introduites dans le périmètre de l’organisation (par ex. l’air comprimé).
    [Définition adaptée d’ISO 50100:2026, 3.5.5]
  • Émissions de périmètre 3
    Émissions indirectes de GES

    Émissions de gaz à effet de serre (GES) résultant des activités de l’organisation, mais provenant de sources qui ne lui appartiennent pas ou sur lesquelles elle n’exerce pas de contrôle direct

    Exemple: Extraction et production des matières premières achetées, transport des carburants achetés, utilisation des produits et services vendus.
    Note: Les émissions de périmètre 3 englobent toutes les émissions de GES attribuables à la chaîne de valeur qui ne sont pas incluses dans les émissions de périmètre 1 ni dans celles de périmètre 2.
    [Définition adaptée d’ISO 50100:2026, 3.5.6]
  • Empreinte carbone
    Somme des émissions de gaz à effet de serre (GES) et des captations de GES de l’entité concernée, exprimée en équivalents dioxyde de carbone

    Notes:
    - Pour un produit, l’empreinte carbone est fondée sur une analyse du cycle de vie prenant pour seule catégorie d’impact le changement climatique, conformément à la norme ISO 14067.
    - Pour une organisation, l’empreinte carbone correspond à la somme des émissions directes et indirectes de GES, ainsi que des captations de GES, le cas échéant, dans les limites de l’objet de l’analyse, quantifiées conformément à la norme ISO 14064-1.
    [Source: ISO 14068-1:2023, 3.2.4. Traduction non officielle.]
  • Équivalent-dioxyde de carbone
    CO2e

    Unité permettant de comparer le forçage radiatif d’un GES à celui du dioxyde de carbone

    Note: L’équivalent-dioxyde de carbone est calculé à l’aide de la masse d’un GES donné, multipliée par son potentiel de réchauffement global.
    [Source: ISO 14064-1:2018, 3.1.13]
  • Facteur d’émission de gaz à effet de serre
    Facteur d’émission de GES

    Coefficient rapportant les données d’activité des GES aux émissions de GES

    Note: Un facteur d’émission de GES peut inclure un facteur d’oxydation.
    [Source: ISO 14064-1:2018, 3.1.7]
  • Gaz à effet de serre
    GES

    Constituant gazeux de l’atmosphère, naturel ou anthropique, qui absorbe et émet le rayonnement de longueurs d’onde spécifiques du spectre du rayonnement infrarouge émis par la surface de la Terre, l’atmosphère et les nuages

    [Définition adaptée d’ISO 14064-1:2018, 3.1.1]
  • Potentiel de réchauffement global
    PRG

    Indice basé sur les propriétés radiatives des GES, mesurant le forçage radiatif suite à une émission pulsée d’une unité de masse d’un GES donné dans l’atmosphère actuelle intégrée sur une période choisie, par rapport à celui du dioxyde de carbone (CO2)

    [Source: ISO 14064-1:2018, 3.1.12]
  • Puits de gaz à effet de serre
    Puits de GES

    Processus retirant un gaz à effet de serre présent dans l’atmosphère

    Note: Un processus peut être naturel ou anthropique.
    [Source : ISO 14068-1:2023, 3.2.10. Traduction non officielle.]
  • Réduction d’émissions de gaz à effet de serre
    Réduction d’émissions de GES

    Diminution quantifiée des émissions de GES entre un scénario de référence et le projet GES

    [Source: ISO 14064-2:2019, 3.1.7]
  • Suppression de gaz à effet de serre
    Suppression de GES

    Retrait d’un GES de l’atmosphère par des puits de GES

    [Source: ISO 14064-1:2018, 3.1.6]

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